Peut-on vraiment mourir de la fibromyalgie ?

Une étude publiée l’an dernier dans la revue « Arthritis and Rheumatism » a mis en évidence des tendances inquiétantes au sein d’une cohorte de patients atteints de fibromyalgie, susceptibles de modifier la prise en charge de cette maladie par la communauté médicale. La fibromyalgie n’est pas une maladie, mais un syndrome de douleur chronique, et elle est largement reconnue par le corps médical. Elle n’est certes pas mortelle. Cependant, la littérature scientifique fait état, de manière sporadique, d’une augmentation de la mortalité due aux maladies cardiovasculaires et aux suicides.

Les principaux résultats de l’étude sur l’arthrite et les rhumatismes révèlent que 1 296 patientes danoises présentaient un risque accru de décès par suicide, maladie hépatique et maladie cérébrovasculaire. Des études antérieures ont mis en évidence une augmentation des taux de dépression, d’anxiété, de douleur, de fatigue et d’autres troubles psychiatriques chez les personnes atteintes de fibromyalgie. Le taux de suicide chez ces personnes est dix fois supérieur à celui de la population générale. Or, fait troublant : aucune de ces patientes n’avait d’antécédents de dépression ou d’autres troubles psychiatriques au moment du diagnostic.

Au Danemark, l’absence relative de stigmatisation liée au suicide, combinée à l’obligation d’autopsie en cas de suicide avéré, semble garantir des estimations assez précises du taux de suicide. Cependant, quel que soit le pays, et pas seulement au Danemark, on observe une tendance à la sous-déclaration des suicides.

Le diagnostic de douleur chronique est associé à un taux de mortalité accru dû à diverses causes externes. Il est fréquent qu’un décès apparemment accidentel soit en réalité un suicide (par exemple, une chute ou un accident de la route). On a constaté une corrélation entre un risque suicidaire plus élevé et un taux de mortalité accidentelle plus élevé chez les patients atteints de fibromyalgie.

La consommation d’alcool représente un facteur de risque important pour les patients atteints de fibromyalgie, car elle accroît considérablement le risque de maladies hépatiques pouvant entraîner la mort. Selon l’OMS (Organisation mondiale de la santé), le Danemark affiche le taux de consommation d’alcool le plus élevé au monde. Par ailleurs, des douleurs similaires à celles de la fibromyalgie sont fréquemment rapportées par les patients atteints d’hépatite C.

De nombreux patients atteints de fibromyalgie sont en surpoids, voire obèses, ce qui constitue un facteur de risque d’accident vasculaire cérébral. En moyenne, 19 % des patients fibromyalgiques sont obèses et 54 % sont fumeurs, dont la moitié sont de gros fumeurs. Les sujets sains présentent une meilleure réponse cardiovasculaire au stress physique et émotionnel. Il est indéniable que la sédentarité due à la douleur peut contribuer à l’athérosclérose.

Lorsqu’un patient atteint de fibromyalgie se présente pour une évaluation, les médecins doivent rechercher les facteurs de risque de suicide, de maladie hépatique et de maladie cérébrovasculaire. Cela représente un peu plus de travail, mais il est probable que le patient et son employeur devront prendre en charge bien plus que la simple douleur chronique.

Source : medhelp.org

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