Tous les rhumatologues (surtout ceux qui ont été formés il y a quelques années et qui appartiennent à l’ancienne génération) ne croient pas à la fibromyalgie.
Même s’ils y croient, tous ne sont pas à l’aise avec la prise en charge des patients atteints de fibromyalgie pour diverses raisons. L’une des raisons les plus fréquentes (que les médecins n’avouent qu’à leurs confrères) est que les patients atteints de fibromyalgie sont généralement difficiles (je les comprends) car ils se méfient souvent des médecins en général après leurs mauvaises expériences.
Posez deux questions à votre rhumatologue.
- a) S’ils croient à la fibromyalgie
- b) S’ils sont à l’aise et heureux de traiter des patients atteints de fibromyalgie.
Si la réponse à l’une ou l’autre de ces questions est non, demandez poliment des recommandations pour un rhumatologue qui prend en charge ces patients. Vous seriez surpris du nombre de spécialistes disponibles. La fibromyalgie met à l’épreuve l’ensemble des compétences d’un rhumatologue.
La première étape consiste à confirmer le diagnostic de fibromyalgie, ce qui repose exclusivement sur l’examen clinique. (Cela implique des tests au chevet du patient et des entretiens.) Il existe deux critères diagnostiques, tous deux valides. Il est important de noter qu’un diagnostic de fibromyalgie n’exclut pas d’autres diagnostics.
La deuxième étape consiste donc à rechercher et à exclure toute autre maladie pouvant coexister avec la fibromyalgie ou ayant pu déclencher cette dernière en augmentant le risque. Plus votre fibromyalgie est récente, plus il est important de rechercher d’autres affections associées.
Si d’autres affections sont diagnostiquées en plus de la fibromyalgie, le travail du médecin est facilité. (Si vous souffrez de la maladie depuis 10 à 15 ans, le diagnostic sera quasiment certain et le médecin pourra peut-être l’établir simplement en vous parlant.)
La prise en charge des patients atteints de fibromyalgie est multidimensionnelle. L’éducation du patient est essentielle pour le rassurer et lui faire comprendre que la fibromyalgie est une maladie bénigne, sans danger pour la vie ou les membres, et qu’elle se manifeste uniquement par des douleurs et des souffrances. Il est donc important que le patient ne se laisse pas abattre par la maladie, qu’il la combatte avec courage et qu’il refuse qu’elle ait un impact sur sa vie quotidienne. Le médecin est là pour l’aider dans cette démarche.
Le traitement comprendrait des médicaments pour soulager les différents symptômes, ainsi que des modifications du mode de vie. L’exercice physique et un sommeil réparateur sont essentiels à la prise en charge de la fibromyalgie. Pour les personnes qui ressentent des douleurs à l’effort, il est important de suivre un programme structuré, en commençant par des exercices à faible intensité et en augmentant progressivement le niveau.
Un meilleur sommeil, que ce soit par des changements de mode de vie ou par des médicaments contre la fibromyalgie, aurait un impact direct et immédiat sur vos douleurs et autres symptômes. La perte de poids est importante pour les personnes obèses, car elles sont généralement moins susceptibles de répondre aux médicaments (l’inverse est également vrai : les personnes minces ont tendance à mieux répondre aux médicaments).
J’ai vu des patients, réfractaires à tout traitement médicamenteux, guérir grâce à l’exercice physique et à une perte de poids. Bien que plusieurs médicaments contre la fibromyalgie soient approuvés (prégabaline, duloxétine) ou utilisés hors AMM, le choix du premier médicament doit être déterminé par la situation particulière du patient, notamment ses comorbidités , et ne sera pas abordé ici.
Il suffit de dire que chaque personne réagit différemment aux médicaments et qu’il est important de trouver les médicaments ou les associations de médicaments les plus efficaces pour chaque patient. Par conséquent, le patient doit faire preuve de patience, rester fidèle à son rhumatologue et lui laisser le temps nécessaire pour optimiser sa prise en charge.